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En France, les femmes demandent pourquoi leurs droits sont bafoués
 © Lizzie Sadin | En France, tous les quatre jours, une femme meurt des suites des coups que lui a infligés son compagnon. Plus de la moitié des femmes tuées dans ces circonstances avaient déjà subi auparavant des violences domestiques. La violence domestique est une atteinte aux droits humains.
Pourquoi les droits de ces femmes ne sont-ils pas protégés?
Dans ce pays qui se targue d’être le berceau des droits humains et qui a signé les principaux traités relatifs à ces droits, les droits des femmes à la liberté, à l’égalité, à la sécurité et parfois même à la vie sont souvent bafoués. Ces droits doivent être respectés et garantis par le gouvernement français mais dans les faits, les mesures de prévention des violences domestiques et de protection des victimes sont relativement inefficaces.
Des mécanismes de protection ont été mis en place mais ils fonctionnent mal. Les femmes sont peu informées de leurs droits et les informations ne sont pas rendues accessibles. Les possibilités d’hébergement temporaire des victimes de violences domestiques sont insuffisantes. De plus, les médecins ne sont pas toujours disposés à établir un certificat médical faisant état de mauvais traitements, qui pourra être utilisé comme élément de preuve devant les tribunaux. Pour que les mesures de prévention soient efficaces, il faut que les policiers, les magistrats, les professionnels de santé et les travailleurs sociaux reçoivent une formation adéquate. Les femmes doivent pouvoir accéder facilement aux permanences téléphoniques, aux centres d’hébergement et aux services d’information.
Le magistrat: «Monsieur, vous avez commis des violences sur une personne.»
L’auteur des violences: «Mais non, pas sur une personne, c’est sur ma femme!»
Paroles citées par un commandant de police lors du colloque La violence au sein des couples, les femmes brisent le silence: améliorons la loi, qui a eu lieu le 31 mars 2005.
 © Lizzie Sadin | Le droit français considère la violence domestique comme une infraction pénale et retient comme circonstance aggravante le fait que l’auteur de ces violences soit le conjoint ou le concubin de la victime. Mais la loi ne va pas assez loin. Ainsi, les violences répétées ne sont pas considérées en soi comme constitutives d’une infraction pénale. Le dépôt d’une plainte est une procédure longue et complexe. Et bien que les outils juridiques existent, les tribunaux font toujours montre d’une certaine réticence. Si un tribunal décide de recourir à la médiation pénale, ce qui arrive souvent, l’agresseur n’est alors pas sanctionné.
La France présente de nombreuses faiblesses en matière de combat contre la violence au sein de la famille. La violence domestique est un crime fréquent qui est passé sous silence car les gens pensent que les pouvoirs publics ne doivent pas intervenir dans les affaires de famille. Mais l’État doit au contraire considérer que ces questions «privées» relèvent du domaine public, comme c’est le cas de toutes les autres atteintes aux droits humains. Les violences domestiques sont l’affaire de tous, et elles doivent être éradiquées.
En mettant en œuvre ses obligations internationales, la France montrerait qu’elle prend fait et cause pour la défense des droits de la femme.
Les violences faites aux femmes en France: une affaire d’État
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